Mémoire – 30 mars 2009

Monsieur                                                           Par télécopieur (2 pages) 
James MOORE                                                 613-992-9868 
Ministre du Patrimoine canadien
et des Langues officielles 
Ottawa (Ontario) 
K1A 0A6                                                            
 
Montréal, le 30 mars 2009
 
Monsieur le Ministre,
 
Le refus de votre gouvernement d’aider Radio-Canada à traverser une période économique difficile nous déçoit profondément et démontre à quel point vous sous-estimez l’importance de cette chaîne publique pour la société canadienne et québécoise.
 
La télévision publique joue un rôle essentiel dans le système canadien de radiodiffusion et il appartient au gouvernement de préserver l’équilibre entre les chaînes publiques et privées afin de garantir la diversité des fenêtres de diffusion au public canadien.
 
Vous semblez ignorer que ce sont très souvent les radiodiffuseurs publics qui ont osé investir dans les nouvelles formes d’expression créées par des auteurs audacieux et qui ont pris le risque de diffuser des émissions originales qui reflètent l’identité canadienne et québécoise.
 
L’apport de Radio-Canada à l’expression francophone et anglophone est indéniable, notamment dans sa programmation de dramatiques de qualité. Des séries comme Les filles de Caleb, L’ombre de l’épervier, Les orphelins de Duplessis, Chartrand et Simonne, Omertà ont captivé les téléspectateurs québécois tout en contribuant à l’enrichissement du patrimoine culturel. Plus récemment, des séries comme Grande Ourse, Les hauts et les bas de Sophie Paquin, Tout sur moi ont été regardées par des millions de téléspectateurs au Québec et pour certaines d’entre elles à l’étranger contribuant ainsi à mieux faire connaître le Canada et le Québec.
 
À la diffusion télévisuelle des dramatiques, il faut ajouter celle des documentaires dont l’impact social est indéniable et dont leurs auteurs questionnent la communauté dont ils sont issus. Il suffit de se remémorer les répercussions sociales de l’ Erreur Boréale ou de Bacon pour s’en convaincre.
 
En refusant l’aide demandée par Radio-Canada, vous mettez en péril sa faculté de poursuivre son rôle de précurseur dans le domaine audiovisuel qui met à la disposition des créateurs, une fenêtre de diffusion qui se démarque des autres.
 
Contrairement à ce qui se fait dans les autres pays auxquels vous prétendez comparer le Canada, vous affaiblissez la chaîne publique nationale à laquelle vous devriez donner les moyens nécessaires pour lui permettre de s’acquitter de son mandat.
 
Même si récemment, nous avons été à plusieurs occasions témoins du manque d’intérêt de votre gouvernement à l’égard de la culture et de ses artisans dont Radio-Canada fait partie, nous aurions espéré de votre part que vous reconnaissiez l’importance de soutenir ce radiodiffuseur.
 
L’attitude de votre gouvernement en matière de culture est choquante et nous considérons comme un devoir de continuer à la dénoncer en toutes occasions.
 
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos sentiments distingués.
 
Élisabeth SCHLITTLER
Délégué général au Canada
 
Pour le Comité des auteurs 
Denys ARCAND
Diane CAILHIER
Marie CHOUINARD
Émile GAUDREAULT, président
François GINGRAS
Marie-France LANDRY
Patrick LOWE , vice-président 
André MELANÇON
Maryse PELLETIER
Johanne PRÉGENT
Patrice SAUVÉ
Pierre-Michel TREMBLAY
 
c.c. Stephen Harper, Premier Ministre 
       Radio-Canada
 
ÉS/os